libéralisme Définitions, synonymes, prononciation, exemples Dico en ligne Le Robert
August 29, 2026
Un droit naturel se distingue d’un droit positif en ce qu’il ne découle pas d’une définition législative. Réciproquement, ces droits impliquent des obligations qui forment le noyau d’une morale personnelle et exigeante (Kant, Critique de la raison pratique). Selon ces joker bet deux auteurs, les principes du libéralisme ne ressortent pas au respect de droits naturels dont Bentham et Mill nient par ailleurs l’existence, mais à la contribution de la liberté à notre bonheur.
- La question se pose alors de savoir si une démocratie libérale a le droit d’enrôler ses citoyens lorsqu’elle est en danger.
- Pour les libéraux, la dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » est artificielle, elle permet de définir plus précisément ce qu’est la liberté appliquée à des domaines différents.
- Le libéralisme considère que l’institution de l’État est nécessaire pour faire respecter l’interdiction de la violence.
- Il n’est pas davantage cet ensemble de principes seuls capables de justifier a posteriori un ordre social ou politique résultant de l’action désordonnée des hommes.
- En France, le mot est souvent utilisé comme une insulte ou comme un éloge selon l’interlocuteur, sans que personne ne s’accorde vraiment sur ce qu’il recouvre.
La date des débuts formels du libéralisme ou de ses composantes politiques, économiques ou religieuses diffère selon les auteurs. La religion devient alors une affaire privée, ce qui favorise son déclin dans l’organisation politique de l’occident. La fidélité à l’ordre de la tradition est remise en cause par la Réforme au profit de l’arbitrage de la raison de l’individu éclairé. Ce processus porte, dans la théorie libérale, le nom de « rôle pacificateur du marché ». Dès les premiers essais libéraux, le marché apparait comme canalisateur des libertés concurrentes et des intérêts particuliers au sein de la société.
Depuis Adam Smith et sa théorie de la main invisible, le libéralisme économique repose en particulier sur une vision de l’homme comme être rationnel guidé par son intérêt privé. Pour ses partisans, il n’y a pas grand sens à séparer les dimensions du libéralisme qui, historiquement autant que théoriquement, sont profondément liées parce qu’elles appartiennent fondamentalement au même mouvement de pensée et à la même vision d’ensemble de l’ordre social. Cette vision de l’État rejoint celle des penseurs de l’immoralisme, et s’éloigne de l’idée de justice, défendue traditionnellement par le libéralisme classique. Le rôle de l’État libéral n’est pas de faire régner la loi de la majorité, mais au contraire de protéger la liberté des individus et des minorités contre les plus forts et les plus nombreux. Dans l’exercice de ces fonctions, l’État doit être soumis aux mêmes lois que les citoyens (le droit commun), et ne pas faire de lois qu’il ne s’appliquerait pas à lui-même (le droit administratif de Napoléon par exemple).
Les partis libéraux en France
Les historiens des idées politiques s’intéressent aux courants qui se sont réclamés du libéralisme à différentes époques et en différents lieux. Ce courant est souvent appelé « libéralisme classique » pour le distinguer du libéralisme moderne. En particulier, le libéralisme classique refuse qu’une majorité, même démocratique, puisse étendre le domaine d’action exclusif de l’État au-delà de l’État minimal. Le libéralisme classique ne reconnaît pas de droits particuliers aux majorités, même démocratiquement élues. Le libéralisme classique ne se prononce pas sur la forme institutionnelle de l’État, contrairement au néolibéralisme, mais seulement sur l’étendue de ses pouvoirs. En même temps qu’il est le garant des libertés, l’État est donc perçu comme la plus grave menace pour ces mêmes libertés.
Pour Raymond Aron, parlant de l’exemple britannique dans la première partie de L’Opium des intellectuels (1955), les idées libérales s’imposent au point d’être présentes dans les programmes de tous les partis et de ne plus nécessiter de parti spécifique. Les idées libérales se diffusent dans la vie politique occidentale, au point de devenir la « base continue » des systèmes politiques à partir du XVIIIe siècle selon Pierre Manent. Les libéraux classiques s’efforcent de diffuser largement leurs idées, s’opposant aux idées étatistes prédominantes dans les cercles du pouvoir, comme a pu le faire Tocqueville en traquant l’origine du goût des Français pour la toute-puissance de l’État. Le libéralisme est alors une doctrine qui voit dans la liberté un principe absolu, et qui rejette toute métaphysique, tout dogmatisme. Le libéralisme a exercé une profonde influence sur plusieurs grandes révolutions et traditions politiques — anglaise, américaine, française — qui ont permis l’émergence des « démocraties libérales ». Adam Smith reste ainsi l’un des principaux théoriciens du libéralisme économique en fondant une théorie économique selon laquelle « les vices privés font le bien public », une intuition d’abord développée par Bernard Mandeville dans sa Fable des abeilles.
Faute d’envisager des cas tels que la guerre, la théorie libérale des droits naturels s’interdit de penser le rôle de l’État (dont la version extrême libertarienne conteste du reste la légitimité) dans les relations internationales. La question se pose alors de savoir si une démocratie libérale a le droit d’enrôler ses citoyens lorsqu’elle est en danger. L’utilitariste pense donc que les sociétés libérales sont celles qui maximisent notre bonheur. Dans la logique utilitariste, une société heureuse est une société libre où chacun vit comme il l’entend tant que cela ne nuit pas à autrui (Bentham, Beccaria, Helvetius…). Pour les libéraux, la dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » est artificielle, elle permet de définir plus précisément ce qu’est la liberté appliquée à des domaines différents.
Ainsi, cela va à l’encontre de « l’égoïsme » randien, par exemple, car l’objectivisme est une doctrine libérale. Des critiques, de nature marxiste ou psychosociologique, opposent les libertés formelles (droit de circuler, par exemple) aux libertés réelles (capacité économique de réellement circuler, par exemple). Il a longtemps été le principal opposant au parti conservateur Tory, jusqu’à la Première Guerre mondiale, où le parti socialiste Labour le supplante. Selon les pays et les époques, il a tantôt opposé aux partis conservateurs au nom du progrès et des droits individuels tantôt aux partis de gauche au nom de la liberté d’entreprendre et du libéralisme économique. À partir de la fin du XIXe siècle, des divergences apparaissent au sein du courant libéral qui portent sur le rôle et la nature des interventions de l’État.
L’utilitarisme admettra par exemple le sacrifice de certains au bonheur du plus grand nombre tandis que le libéralisme d’obédience kantienne (la déontologie) tiendra la dignité humaine pour sacrée puisque le respect absolu de la personne humaine est exigée par la raison pure. Le libéralisme repose sur un précepte moral qui s’oppose à l’assujettissement, d’où découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir d’un maximum de liberté, notamment en matière économique. Cela suppose idéalement un état de droit où sont respectées les minorités jusqu’à la plus petite, l’individu ; l’État n’étant que le garant de ce respect et devant rendre des comptes de son action. Les limites à fixer à l’action de l’État, ainsi que les modalités de l’action publique, notamment aux rôles respectifs de l’action administrative et de la loi, sont donc sujets à débat au sein même du libéralisme.
Cependant, le libéralisme fait également l’objet de critiques, notamment en ce qui concerne ses effets sur les inégalités sociales, la protection de l’environnement et le rôle de l’État dans la régulation de l’économie. Les faits, ce sont les événements d’une histoire que les hommes font sans le savoir, ou en le sachant. Il n’est pas davantage cet ensemble de principes seuls capables de justifier a posteriori un ordre social ou politique résultant de l’action désordonnée des hommes. Le socialisme est l’opposé traditionnel du libéralisme économique. Il considère que l’individu est premier, que l’État doit se limiter à garantir les droits fondamentaux, et que la société fonctionne mieux quand chacun peut choisir librement ses engagements. Affaire agricole, commerciale ou industrielle, dirigée par une personne morale…
Entrez une forme
Certains des principes fondateurs du libéralisme sont contenus dans le préambule de la Constitution des États-Unis de 1787, ainsi que dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Dès le XVIe siècle, les philosophes de l’école de Salamanque reformulent la notion de droit naturel héritée d’Aristote, des stoïciens, de Cicéron et de Thomas d’Aquin, et en déduisent les principes de souveraineté du peuple et de séparation des pouvoirs. Dès le début du XXe siècle, Arthur Cecil Pigou, dans ses travaux sur l’économie du bien-être, va prendre en considération les effets non désirés qui peuvent découler d’une relation marchande en inventant la notion d’« externalités ». Il existe plusieurs courants de pensée libéraux qui se différencient notamment par leurs fondements philosophiques, par les limites et les fonctions qu’ils assignent à l’État, et par le domaine auquel ils appliquent le principe de liberté (économie, institutions politiques, domaine social).
De fait, si les libéraux ne sont pas moralement relativistes, la répression leur semble préférable à la prévention dans le traitement du crime, et ce, en dehors de tout calcul utilitaire et d’intérêt ; la moralité suppose la dignité humaine, donc la liberté reste la règle (Hegel, Principes de la philosophie du droit, § ). Cette position théorique implique le respect du pluralisme et une adaptation aux évolutions sociales. La satisfaction et l’expression libre de l’intérêt de chacun permet une société qui valorise les meilleures adaptations. En économie notamment, le qualificatif « libéral » sert à désigner une personne favorable à la liberté d’entreprendre, à la protection de la propriété et à la limitation du poids de l’État. Néanmoins, c’est à partir des XVIIe – XVIIIe siècles que le libéralisme se développe autour de certains penseurs, dont Locke, Montesquieu, Turgot, Kant et Adam Smith. La « glorieuse révolution » anglaise de 1688, la révolution américaine et la révolution française de 1789 sont en partie les conséquences concrètes de réflexions libérales sur le plan politique.